Il est important de prendre la fugue dans son aspect contextuel. Croire que la fugue est un phénomène nouveau serait erroné car, de tout temps, les jeunes ont fugué de leur domicile ou de leur institution. Ce qui a davantage changé est la forme que prennent ces fugues et leur impact sur la famille ou la société ainsi que la réponse qui y est apportée. En effet, si au Moyen-Age on parle plus de fugue amoureuse, dans les années 1900, on parle de « vagabondage » qu’il faut réprimer, ceci étant surtout lié au contexte économique du moment. Actuellement, la fugue serait davantage l’expression d’une « difficulté relationnelle » du jeune avec son entourage. Cette lecture doit néanmoins pouvoir être croisée avec le contexte socio-économique et culturel de chaque famille et des difficultés qu’il peut engendrer.
La réponse apportée au problème des fugues a, elle aussi, évolué avec le temps.
Ce n’est que récemment que la fugue a été considérée en tant que telle par les services sociaux. Avant 1935,où il y aura une dépénalisation de la notion de « vagabondage » ainsi que l'élargissement de cette notion, la réponse apportée était la répression et l’emprisonnement.
Ce n’est qu’en 1965 que le décret du 8 avril institue la notion de protection de la jeunesse pour être revu en 1991, avec l’introduction de la notion de l’aide à la jeunesse.